Quand j’ai appris que la petite graine que je portais ne grandissait pas, personne (hormis mon amoureux) ne savait que j’étais enceinte. J’aurais donc  facilement faire le choix de n’en parler à personne, et d’ailleurs je pense que nombreuses sont les femmes qui se taisent.

J’ai décidé de faire le choix d’en parler pour trois raisons que je souhaite vous expliquer aujourd’hui.

 

-Lorsque la mauvaise nouvelle nous a sciée les jambes, ma toute première réaction a été de me confondre en excuses auprès de mon amoureux… Je me sentais profondément désolée de lui imposer de vivre cela et très coupable d’avoir failli à ma mission de porter la vie. Ah… la fameuse culpabilité, vous la connaissez certainement si vous êtes parents, parfois elle est moteur, elle nous pousse à faire mieux et se dépasser, parfois elle est toxique, elle nous brise, nous dévalorise, elle devient comme enclume en soi qui nous empêche d’avancer. Et cette culpabilité là je n’ai pas mis longtemps à me rendre compte qu’elle faisait partie de la deuxième catégorie. Je pense que c’est légitime de ressentir une défaillance, puisque c’est dans le corps des femmes que naît la vie et c’est donc également dans ce lieu que peut survenir la mort, et ça nous rappelle à quel point cette magie est précieuse. Mais ce sentiment certainement naturel peut vraiment avoir des conséquences désastreuses et se transformer en honte… Et ne pas en parler c’est le cacher comme un terrible secret trop honteux à dévoiler qui petit à petit nous dévorerait comme une gangrène. C’est se répéter à l’infini « pourquoi moi? »… alors que la seule réponse à cette question c’est « pourquoi pas moi? ». C’est pour ça que rapidement j’ai ressenti le besoin d’en parler à mes proches, pour me sentir rassurée, pour entendre plus de fois que de raisons que ce n’était pas de ma faute. Et je crois que ça a marché, car ce sentiment de culpabilité j’ai réussi à le contenir, à éviter qu’il déborde et me paralyse.